Extraire
Sous la voûte, la haveuse trace les saignées qui isolent le bloc dans la masse. On le déchausse, on le bascule, on le sort. Les piliers laissés en place, ces monolithes de plusieurs centaines de tonnes, soutiennent le ciel de carrière.
Carrière en activité
Au creux du Val d'Enfer, la carrière Sarragan est la dernière carrière en exploitation souterraine de Provence. On y extrait, on y débite et on y taille toujours le calcaire blond des Alpilles.
La carrière
La carrière Sarragan est toujours en activité. Chaque semaine, des blocs sortent de la colline, descendent à l'atelier de débit, puis passent entre les mains des tailleurs. Ce n'est ni un musée ni un site aménagé pour la visite : c'est un outil de travail, avec ses machines, ses poussières et ses hommes.
C'est aussi, et c'est plus rare, la dernière carrière du massif des Alpilles exploitée en galerie souterraine, la seule de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur à travailler encore ainsi. Sous la voûte, des piliers monolithes de vingt à vingt-cinq mètres portent la colline. On avance par ablation, du haut vers le bas, comme on l'a toujours fait ici.
La pierre qu'on en tire porte le nom du lieu : la pierre des Baux. Un calcaire tendre du Burdigalien, blanc et blond, à grain fin, légèrement coquillé. Elle a bâti Glanum, elle a bâti Arles, elle bâtit encore aujourd'hui.
150+
années d'exploitation continue de la colline
25m
de hauteur sous voûte pour les piliers monolithes
1
seule carrière encore exploitée en galerie en région PACA
100%
extrait, débité et taillé sur le site
Histoire
Extraire la pierre au Val d'Enfer n'a rien d'une nouveauté. La carrière Sarragan s'inscrit dans une continuité très longue, dont elle est aujourd'hui le dernier maillon actif.
Antiquité
L'exploitation de la pierre dans le secteur remonterait au IIe siècle avant notre ère. La molasse des Alpilles part alors bâtir Glanum, puis Arles.
XIXe s.
La carrière est ouverte il y a plus d'un siècle et demi, à la main, à l'escoude, ce pic long des carriers provençaux, qui laisse dans la roche les stries régulières qu'on lit encore sur les parois.
XXe s.
La chaîne à haver remplace le bras. La cadence change, le geste demeure : on découpe toujours le bloc dans la masse, on le déchausse, on le sort entier.
Aujourd'hui
Autour, les carrières du Val d'Enfer se sont tues, reconverties ou fermées. Sarragan continue d'extraire, de débiter et de tailler, et d'ouvrir ses portes quelques jours par an pour que ce savoir-faire ne se raconte pas seulement au passé.
Le savoir-faire
Tout se fait sur place. Le bloc n'est jamais loin de l'endroit où il a été détaché.
Sous la voûte, la haveuse trace les saignées qui isolent le bloc dans la masse. On le déchausse, on le bascule, on le sort. Les piliers laissés en place, ces monolithes de plusieurs centaines de tonnes, soutiennent le ciel de carrière.
Le bloc rejoint l'atelier de débit. Il y est tranché aux dimensions demandées : dalles, plaquettes, moellons, blocs d'appareil. Le sciage révèle le fil de la pierre, sa couleur et ses coquillages fossiles.
Vient enfin la taille. Colonnes, balustres, encadrements, corniches, éviers, margelles, pièces de restauration à l'identique : de la simple pierre de mur au profil relevé sur un monument, la commande dicte le geste.
La pierre
La pierre des Baux est une molasse calcaire du Burdigalien (Miocène) : une roche tendre, à grain fin, née d'une ancienne mer dont elle a gardé les coquillages. Fraîchement extraite, elle se travaille facilement ; à l'air, elle durcit et se patine.
Sa teinte va du blanc crème au blond doré selon les bancs. C'est elle qui donne aux villages des Alpilles leur lumière si particulière en fin de journée.
En images
Les galeries, les gestes de l'atelier, la matière de près, les visites. Cliquez sur une image pour l'agrandir.
Ici, on ne fabrique pas la pierre : on va la chercher là où elle s'est déposée, il y a vingt millions d'années.
Visites & transmission
Un savoir-faire qui ne se montre pas finit par disparaître. La carrière accueille donc régulièrement scolaires, étudiants, artisans et curieux, toujours de manière encadrée, jamais en accès libre.
Chaque printemps
Depuis 2021, la carrière participe aux JEMA aux côtés de la commune des Baux-de-Provence. Elle accueille notamment un forum consacré aux métiers de la restauration du patrimoine : démonstrations de taille, rencontres avec les professionnels, découverte des filières et des formations.
Chaque automne
Le temps d'un week-end, la carrière et son atelier de taille s'ouvrent au public. L'occasion rare de descendre sous la voûte et de voir travailler des carriers et des tailleurs de pierre sur leur propre terrain.
Sur rendez-vous
Classes du primaire au lycée, étudiants en architecture, en géologie, en patrimoine ou en compagnonnage : les visites pédagogiques sont organisées à la demande, adaptées à l'âge et au programme du groupe.
Sur rendez-vous
Architectes, maîtres d'œuvre, entreprises de restauration, associations de patrimoine, tournages : la carrière reçoit sur rendez-vous les visites professionnelles et les demandes de repérage.
Organiser une visiteImportant : la carrière est un site industriel en exploitation. Elle n'est pas ouverte à la visite libre et l'accès aux galeries est strictement interdit sans accompagnement. Toute visite se fait sur rendez-vous ou lors des journées portes ouvertes annoncées.
Infos pratiques
Du lundi au jeudi8h00 à 12h00, 13h30 à 17h00
Vendredi8h00 à 12h00, 13h30 à 16h00
Samedi et dimancheFermé
Ces horaires sont ceux de l'activité de la carrière : bureau, atelier et retrait de commande. Le site n'est pas accessible en visite libre, merci de prendre rendez-vous avant tout déplacement.
La carte est fournie par OpenStreetMap. Elle ne se charge qu'à votre demande.
Contact
Devis pour un chantier, commande de pierre, organisation d'une visite scolaire ou professionnelle : écrivez-nous, nous vous répondons.
Pour un mur, une margelle, une colonne ou la restauration d'un monument : parlons de votre projet.